Parasites

Rattus norvegicus (Linnaeus,1766)

Le Rat surmulot, appelé aussi Rat d'égout ou Rat brun, se rencontre dans toute la France (fig. 69). C'est un colonisateur relativement récent (XVIIIe siècle).

Il est bien difficile de décrire le ou les biotopes préférentiels du Rat surmulot. Il est en effet ubiquiste et on peut le trouver à peu près partout pour peu que le biotope présente une certaine humidité puisqu'il est terrestre et aquatique. Toutefois, c'est aussi un commensal de l'homme dont il colonise les habitations. Depuis le début de l'ère du béton, il est moins fréquent dans les habitations. On l'y trouve pourtant encore dans les caves et les réseaux d'égouts, en plein Paris. Il colonise également les habitations rurales, les paillers et peut aussi vivre complètement indépendant, en plein air. C'est ainsi qu'on le trouve fréquemment le long des rivages marins, dans les estuaires et près des berges des cours d'eau et des lacs. Il s'y creuse des refuges souterrains mais un nid peut être trouvé au sol. Celui-ci est pourtant le plus souvent souterrain ou abrité dans l'angle d'une construction, dans un tas de bois ou de fourrage. Les terriers sont creusés le plus souvent sous le sol des constructions granges, étables, entrepôts, en profitant du point d'appui apporté par les murs. Ils sont très ramifiés, pourvus de plusieurs chambres d'habitation et de magasins de nourriture. Certaines galeries se terminent en cul de sac mais il existe toujours de nombreuses sorties. Le terrier est creusé à une profondeur de 30-40 centimètres et les sorties débouchent particulièrement au voisinage des bâtiments (69 %), moins à l'intérieur de ceux-ci. Le nid est garni d'herbes, de fibres végétales, de paille, voire de papier.

Le Rat surmulot est sédentaire pour peu qu'il dispose de sources de nourriture suffisantes et d'accès facile. La taille des domaines vitaux autour des exploitations agricoles est fonction du sexe (ils sont plus grands chez les mâles), du stade de développement des cultures (plus grands avant récoltes, mais plus petits après par stratégie anti-prédatrice) et de la disponibilité alimentaire. Ainsi des déplacements moyens de 600 m pour les mâles et de 340 m pour les femelles ont été notés dans des parcelles cultivées. Ces déplacements se réduiraient à quelques dizaines de mètres en milieu urbain. Comme ceux du Rat noir, ils sont fonction de la disponibilité alimentaire et du milieu occupé. Il est susceptible d'effec tuer des excursions hors de son domaine vital, sur plusieurs kilomètres.

Lorsque les ressources alimentaires sont abondantes, les rats forment des groupes comprenant de nombreux mâles et femelles qui défendent un territoire. Lorsqu'elles se raréfient, il ne reste qu'un mâle dominant avec plusieurs femelles. Le sens de l'odorat, très développé, est un des facteurs essentiels de la vie sociale. Il permet les reconnaissances individuelles. Les communications acoustiques sont également bien utilisées sous formes de cris audibles et d'ultrasons. Il pépie ou siffle en cas d'attaque, pousse des cris aigus faisant fuir ses congénères en cas d'approche d'un prédateur. Des ultrasons ponctuent les bagarres et les copulations ; ils sont également utilisés par les jeunes pour stimuler la production de lait de la mère.

Rat surmulotLes Rats surmulots sont nocturnes mais peuvent également présenter une faible acti vité diurne dans le cas d'une forte densité. En fait, les individus dominants dans la hiérarchie sont surtout nocturnes et ce sont les animaux de rang faible qui, ne pouvant se présenter aux sources de nourriture qu'en l'absence des rats de rang élevé, manifestent une activité diurne. Les horaires individuels peuvent être ainsi complètement inversés. Les rats albinos de laboratoire ont un rythme d'activité tout à fait perturbé.

L'alimentation est très variée et les Rats surmulots peuvent dévorer et aussi souiller de leur urine et de leurs crottes tout ce qui se présente. Toutefois, ils sont plus volontiers carnivores que le Rat noir. Le Rat surmulot mange des graines ou des légumes dans les silos, de la paille et du blé dans les meules, de la viande dans les entrepôts frigori fiques, bref tout ce qui est mangeable dans le voisinage de l'homme. Il n'épargne ni le papier ni la laine. Dans la nature, son régime serait plus volontiers carnivore. Il pille les nids des oiseaux couvant à terre. Si les Rats surmulots envahissent une île en réserve ornithologique, tout disparaît oeufs, oisillons et même adultes ; les crustacés sont mangés le long des rivages, les poissons sur les berges et aussi les petits mammifères sauvages. On estime actuellement qu'il serait responsable de la disparition d'une vingtaine d'espèces d'oiseaux dans le monde. Sur les rives du Pô, gastéropodes et bivalves peuvent intervenir pour 10 % dans la ration alimentaire. Les mollusques sont capturés en plongée, puis ramenés et consommés sous les abris de végétation. Ces sites de pêche sont probablement des lieux d'échanges d'informations sociales et alimentaires et d'apprentissage inter-individuels. Dans les élevages, les Rats surmulots peuvent s'attaquer aux porcelets, aux agneaux et on cite même le cas d'éléphants qui furent attaqués dans un jardin zoologique et dont les blessures aux pattes, infectées, entraînèrent la mort. Les jeunes enfants même ne seraient pas à l'abri de leurs attaques. À New York par exemple, plus de 500 personnes par an étaient mordues dans les années soixante et encore plus de 200 personnes au début des années quatre-vingts. Les victimes de ces morsures sont surtout des  sans domicile fixe diabétiques ou alcooliques, du fait de l'insensibilité de leurs extrémités. Le Rat surmulot fait des provisions. Ses crottes sont de taille relativement grande (une dizaine de millimètres), de couleur et de consistance variant avec le régime.

Le comportement agressif de ce rongeur fait souvent reculer les prédateurs. Les chiens et chats domestiques n'en détruisent que peu et seulement des jeunes. Les adultes sont sans doute trop difficiles à maîtriser. Les rapaces en capturent quelques-uns, surtout des jeunes également. Les renards et putois ont fréquemment remplacé les lapins par les rats depuis l'épizootie de myxomatose. Une telle prédation n'est pourtant que peu de chose et un équilibre ne saurait s'établir, surtout étant donné le petit nombre de rapaces et de carnivores sauvages efficaces à l'encontre de cette espèce. L'Homme a donc dû se préoccuper des pullulations de rats et chercher à les détruire.

Lorsque les conditions du milieu sont favorables, l'abri assuré et la nourriture abondante, les Rats surmulots peuvent se reproduire pratiquement toute l'année, comme c'est le cas pour les populations commensales ou de laboratoire. Cependant, dans la nature, l'activité sexuelle ne se manifeste qu'au printemps, en été et en automne. On trouve un maximum de femelles gestantes au printemps et un second à l'automne. La maturité sexuelle est atteinte très tôt entre 50 et 60 jours. La durée de gestation est de 22 jours. Le nombre moyen d'embryons se situe entre 7 et 8 et le nombre de portées est très variable. On en compte généralement 3 à 5 dans la nature, mais en captivité ce nombre est largement dépassé. Les jeunes sont nidicoles. Leurs yeux s'ouvrent à 15 jours et le nid est abandonné à 22 jours. Si la mère vient à mourir pendant l'allaitement, il n'est pas rare de voir une autre femelle élevant sa portée dans le même nid adopter les jeunes et les nourrir avec les siens. L'espérance de vie est très courte et la grande majorité des Rats surmulots ne dépassent pas 1 an.

Une curiosité de la reproduction mérite d'être notée. On a plusieurs fois signalé l'existence de « Rois des Rats ». Ce sont des groupes de quelques individus du même âge qui sont reliés par la queue. Celles-ci sont soudées les unes aux autres suivant un processus qui n'a pas été encore tout à fait élucidé mais qui est peut-être lié au grand nombre de jeunes coexistant dans le même nid souvent souillé et humide. Les individus se développent normalement et souvent survivent un certain temps. Ce phénomène n'est pas propre au Rat surmulot; on le rencontre également chez le Rat noir, la souris, le mulot et quelques cas ont été cités chez d'autres rongeurs à queue longue.

La lutte contre le Rat surmulot a été motivée non seulement par les dégâts causés aux denrées stockées, mais aussi par son rôle en pathologie humaine.

Extrait du livre "Les rongeurs de France" - H. Le Louarn, J P Quéré - Editions INRA 

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