Parasites

Mus musculus domesdcus

(Linnaeus, 758)

La Souris domestique habite toute la France y compris la Corse et les îles de l'Atlantique. C'est un petit rongeur bien connu, un peu plus petit que le Mulot sylvestre. Les yeux sont moins saillants et les oreilles proportionnellement moins longues. La queue est munie de rares poils clairsemés et très fins qui laissent voir les anneaux écailleux (150 à 205). Les souris ne pratiquent pas l'autotomie cau dale. Les pieds postérieurs ne sont pas aussi allongés par rapport aux antérieurs que chez le Mulot sylvestre.

La Souris domestique est une espèce principalement commensale (ou d'intérieur), c'est à dire qu'elle trouve son gîte et son couvert tout au long de l'année dans des habitats liés aux activités humaines. Certaines populations vivent toujours en extérieur dans le Sud de la France c'est la forme sauvage (ou d'extérieur).


Les populations commensales

Les souris domestiques circulent dans les constructions, les sols, les meules de céréales, les entrepôts. Elles creusent généralement des terriers peu sophistiqués et peuvent s'abriter un peu n'importe où et, au lieu de faire des provisions, s'installent au centre des réserves humaines de nourriture. On a même trouvé des nids de souris habités à l'intérieur de viandes congelées ! La mécanisation de l'agriculture, avec comme conséquence la disparition des meules, a détruit un de leurs habitats extérieurs préférentiels. Il s'agit, dans ce cas-là, de populations qualifiées de « semi-commensales » qui peuvent s'installer à l'extérieur des bâtiments, dans les céréales par exemple, durant la belle saison pour y revenir en fin d'été. De même, les édifices de béton ne leur sont pas aussi favorables que les constructions classiques.

Les souris vivent en groupes familiaux. L'intolérance intraspécifique est faible à l'intérieur du groupe mais il s'établit une hiérarchisation aussi bien des mâles que des femelles. En revanche, l'agressivité est nette vis-à-vis d'intrus appartenant à d'autres groupes. L'odeur de l'urine, abondamment répandue sur le domaine fréquenté, joue un rôle important dans la vie sociale.

L'activité est nocturne. Toutefois, on remarque souvent des pointes d'activité tout au long du nycthémère avec un maximum de mouvements en fin d'après- midi.
Cette espèce est omnivore. Le régime alimentaire se compose de tout ce qui se mange et même de substances très indigestes, telles que du savon ou de la paraffine (chandelles). Si l'on y ajoute les matériaux subtilisés pour la confection des nids (papiers, vêtements), ces rongeurs sont de grands destructeurs. En outre, ils souillent de leurs urines et de leurs crottes bien plus qu'ils ne consomment. Les crottes sont de petite taille (2-3 mm), allongées et de couleur foncée.

A l'intérieur des bâtiments, les prédateurs naturels des souris domestiques ne sont pas très nombreux. Les chats et les chiens en tuent un certain nombre mais ne suffisent pas à limiter les populations et la Chouette effraie chasse plus volontiers en terrain découvert que ne fréquentent pas les populations strictement commensales. Les différentes préparations utilisées pour se débarrasser des ravageurs rendent de bons services mais mieux vaut se protéger de l'arrivée des souris en ne laissant à leur disposition ni abri, ni nourriture, plutôt que d'essayer ensuite de s'en débarrasser.

En extérieur, les prédateurs des populations « semi-commensales » sont les petits carnivores et les rapaces. En France, la proportion de souris trouvée à l'analyse des pelotes de Chouette effraie est plus importante dans le Sud que dans les plaines du Nord. Ce phénomène est dû à l'augmentation vers le sud des populations sauvages, mais aussi aux confusions avec la Souris à queue courte.

La très grande plasticité de ce rongeur se manifeste par l'adaptation de la reproduction aux différents milieux colonisés. Si le milieu et les conditions sont favorables, les souris peuvent se reproduire pendant presque toute l'année, mais en faible intensité durant l'hiver. Le nombre des embryons par portée est également variable: en moyenne il est compris entre 5 et 7, suivant les auteurs et l'origine des populations. Le taux de reproduction est donc assez élevé. Toutefois, il existe une régulation interne de la densité des populations. Lorsque les souris deviennent trop nombreuses, on observe une fécondité plus faible, la taille des portées est réduite, le nombre des embryons qui avortent s'accroit et les émigrants sont également plus nombreux. On attribue généralement ce phénomène à une castration graisseuse des adultes trop bien nourris mais, en fait, dans certains cas ce sont les jeunes femelles n'ayant pas encore terminé leur croissance qui ne manifestent aucune activité sexuelle et conservent un tractus génital au repos total. Il y a là un phénomène de régulation sociale. Les jeunes sont nidicoles. Ils pèsent environ 2 grammes à la naissance, ouvrent les yeux à 13 jours, commencent à se nourrir indépendamment à 17 jours, mais l'allaitement partiel se poursuit jusqu'à la 4e semaine.

Les souris domestiques commensales sont capables de grands déplacements entre fermes sur des distances supérieures à 500 mètres. Dans les exploitations agricoles où les domaines vitaux sont de taille modeste, les déplacements restent faibles sauf d'un bâtiment à un autre. Les densités, difficiles à évaluer dans les habitats anthropisés, peuvent être importantes surtout dans des exploitations agricoles très spécialisées  : porcheries, poulaillers.

L'espèce est combattue, non seulement à cause des denrées détruites ou rendues inuti lisables, mais encore à cause des maladies qu'elle peut transmettre. De nombreuses campagnes de « dératisation » lui sont consacrées.


Les populations sauvages

Les populations sauvages de la Souris domestique vivent dans les zones littorales plus humides que les milieux fréquentés par la Souris à queue courte. Elles se rencontrent dans les cultures irriguées du Languedoc, les bordures d'étangs d'eau douce, les phragmitaies, mais aussi dans les bois de chênes verts. Les deux espèces ont été trouvées en syntopie sur le cordon littoral languedocien. C'est seulement dans ces milieux où alternent des cuvettes à sol salé et des dunes sableuses qui conservent un peu d'eau de pluie que ces deux espèces forment des peuplements mixtes.

Dans plusieurs îles de la Méditerranée occidentale, cette forme sauvage est la seule présente et elle exploite une plus large gamme d'habitats. En Corse, elle occupe pratiquement tous les milieux et notamment les milieux xériques (garrigues sèches sur cal caire) normalement colonisés par la Souris à queue courte sur le continent. En milieu insulaire certains traits biologiques apparaissent: une réduction du domaine vital, de la taille des portées... Il y a arrêt de la reproduction de décembre à mai, voire en été en Corse. Aussi bien sur le continent qu'en Corse, les densités sont maximales en automne-hiver et minimales en été. Elles sont plus élevées en Corse (4 à 22 individus par hectare) qu'en Petite Camargue (0,5 à 7). La taille des domaines vitaux et les distances de déplacements semblent liés aux variations dans le temps et l'espace des ressources alimentaires et à la plus ou moins grande complexité de l'habitat. Les déplacements (plusieurs centaines de mètres en quelques jours) et les mouvements de dispersion sont bien plus importants sur le continent qu'en milieu insulaire.

Cette forme sauvage de la Souris domestique est plus nomade et peut exploiter des milieux plus ouverts que la Souris à queue courte. Elle peut reconstituer ses populations après des mouvements de migration grâce à des comportements sociaux facilitant les contacts inter-individuels. Les échanges entre les populations commensales et sauvages sont fréquents. Elle est en compétition directe avec le Mulot sylvestre pour la colonisa tion en extérieur de nouveaux habitats. Le fait qu'elle soit mauvaise compétitrice par rapport à cette dernière espèce peut expliquer en partie ses populations réduites.

En France les populations sauvages ne développent pas de fluctuations d'abondance fortes ni de pullulations, contrairement à celles de Californie ou d'Australie. Dans ce dernier pays les souris sont devenues un véritable fléau.

Les souris robertsiennes

En Afrique du Nord et en Europe, des populations de souris présentent un nombre réduit de chromosomes. C'est la conséquence de la fusion de deux chromosomes acrocentriques en un chromosome métacentrique sans perte d'informations génétiques. Le nombre fondamental n'est pas affecté. Ces fusions chromosomiques centriques (au niveau des centromères) sont dites fusions robertsoniennes.

Chez la souris domestique, les phénomènes robertsoniens ne concernent pratiquement que les populations commensales de Tunisie, d'Italie, de Suisse, d'Allemagne. En France, de telles populations sont connues dans les Alpes et en Alsace. Entre le type standard à 2 n = 40, toutes les populations présentent des combinaisons de fusions différentes jusqu'à l'extrême 2 n = 22 soit 9 fusions où seuls les chromosomes sexuels ne varient pas. Les mécanismes à l'origine de la fixation de cette mutation et de la mise en place du phénomène robertsonien, d'origine récente (< 10000 ans), sont encore discutés aujourd'hui.

Extrait du livre "Les rongeurs de France" - H. Le Louarn, J P Quéré - Editions INRA

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